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La Roumanie présente un paysage linguistique riche, articulé autour du roumain, seule langue officielle du pays, et de dix-neuf langues minoritaires reconnues, dont les repères historiques et culturels éclairent la société roumaine actuelle.
Le roumain, langue officielle et dominante en Roumanie
La langue parlée en Roumanie qui structure l’ensemble de la vie publique est le roumain. Cette langue roumaine, écrite en alphabet latin, occupe une place centrale dans les institutions, l’administration et les échanges quotidiens. Pour approfondir le sujet, vous pouvez consulter cette ressource sur les langues officielles Roumanie.

Statut constitutionnel et usage officiel du roumain
Selon la constitution, le roumain est l’unique langue officielle parmi les langues officielles en Roumanie. D’après le recensement de 2011, il s’agit de la langue maternelle de 85,36 % de la population, soit plus de 17 millions de locuteurs. Ce statut des langues place le roumain au cœur du Parlement, de l’administration et de la justice.
- Administration publique : les actes officiels, les documents administratifs et les contrats de travail sont rédigés en roumain.
- Fonctions publiques : la maîtrise écrite et orale du roumain est requise pour exercer un mandat électif ou une charge publique.
- Dimension européenne : depuis 2007, le roumain est aussi langue officielle de l’Union européenne.
Le roumain parlé au-delà des frontières roumaines
Le roumain est aussi une langue parlée en Roumanie et en Moldavie. En Moldavie, la dénomination moldave subsiste dans certains usages institutionnels, mais, sur le plan linguistique, il s’agit de la même langue que le roumain standard. Les roumanophones des deux pays se comprennent sans difficulté majeure.
La principale variété de cette langue est le daco-roumain. Elle est également parlée dans des zones voisines de Serbie, de Bulgarie, de Hongrie et d’Ukraine. Pour situer ce cadre régional, consultez notre page sur la Roumanie.
Quelles langues minoritaires sont reconnues en Roumanie ?
Aux côtés du roumain, la Roumanie reconnaît officiellement dix-neuf langues minoritaires. Ce cadre reflète une réelle diversité linguistique et précise le statut des langues utilisées par les communautés historiques du pays.
- Hongrois : c’est la première langue minoritaire du pays avec 6,26 % de la population. La minorité hongroise est surtout présente en Transylvanie, où l’enseignement en hongrois existe dans certaines zones.
- Romani : il est parlé par 1,22 % de la population, soit environ 245 677 locuteurs.
- Ukrainien et allemand : l’ukrainien représente 0,24 % de la population, et l’allemand 0,13 %. L’allemand demeure présent en Transylvanie et dans le Banat.
- Autres langues reconnues : le turc, la langue russe, le serbe, le slovaque, le bulgare, le croate, l’italien, le grec, le tchèque, le polonais, le macédonien, l’arménien et le yiddish font aussi partie des langues reconnues.
Les droits des minorités nationales sont protégés par la loi. Lorsqu’une communauté dépasse 20 % de la population dans une unité administrative, les autorités locales peuvent employer la langue concernée à l’oral comme à l’écrit. Des services d’interprétation sont également prévus devant les tribunaux. Si vous souhaitez prolonger votre lecture sur les parcours administratifs et académiques, consultez notre guide sur les diplômes roumains reconnus.
Caractéristiques du roumain et langues apparentées
La langue roumaine occupe une place singulière parmi les autres langues romanes. Elle conserve des traits grammaticaux et phonétiques directement issus du latin, tout en intégrant des apports slaves, ottomans, hongrois et grecs. C’est ce mélange qui fait du roumain un objet d’étude central en linguistique et une langue à part dans l’espace européen.

L’alphabet roumain et ses particularités phonétiques
La langue roumaine s’appuie aujourd’hui sur l’ alphabet latin. Elle utilise cinq diacritiques spécifiques : ă, â, î, ș et ț. Dans son fonctionnement courant, l’écriture du roumain standard reste largement phonétique, avec une correspondance globalement cohérente entre sons et lettres. À ce titre, elle se révèle souvent plus régulière que le français ou l’ anglais.
Le roumain moderne n’a pourtant pas toujours été écrit ainsi. Avant l’adoption définitive de l’alphabet latin, la langue a aussi connu l’usage de l’ alphabet cyrillique, notamment dans certains contextes historiques et politiques, en particulier en Moldavie soviétique. Depuis 1989, la graphie latine s’est également imposée en République de Moldavie.
Sur le plan grammatical, le roumain conserve un genre neutre hérité du latin : masculin au singulier, féminin au pluriel. Il maintient aussi un système de déclinaisons simplifié. Ces éléments le distinguent nettement des grandes langues romanes occidentales et confirment son statut de langue romane orientale, héritière directe du latin danubien.
Quelle langue est la plus proche du roumain ?
La langue proche du roumain la plus souvent citée est l’aroumain. Cette variété est parlée par environ 250 000 locuteurs en Grèce, en Albanie, en Serbie, en Bulgarie et en Macédoine du Nord. Avec le mégléno-roumain et l’istro-roumain, elle forme avec le roumain un ensemble issu du latin danubien des Balkans.
Le roumain reste ainsi une langue romane orientale distincte des langues romanes d’Europe occidentale. Pour un public francophone, certains repères lexicaux sont familiers grâce à sa base latine. Cela dit, la langue roumaine, parlée en Roumanie, a suivi une trajectoire propre, façonnée par son environnement balkanique et centre-européen.
Le lexique roumain en porte la trace. Sa base latine représente environ 60 % du fonds lexical. S’y ajoutent un substrat thrace et dace estimé à 0,96 %, un apport du slave ancien de 9,18 %, ainsi que des emprunts ottomans, hongrois, grecs, français et allemands. L’influence française à elle seule atteint 22,12 % du vocabulaire roumain actuel. Cette stratification donne à la langue roumaine une profondeur historique rare et permet de comparer les évolutions des langues romanes avec celles des autres langues européennes, y compris le roumain face à l’ anglais.
Influences historiques ayant façonné la langue roumaine
Le roumain dérive du latin introduit en Dacie après la conquête romaine, au IIe siècle de notre ère. Son évolution s’est ensuite faite au contact de plusieurs puissances régionales. Les Slaves, les Byzantins, les Ottomans et les Hongrois ont laissé des marques durables dans la structure culturelle et dans le vocabulaire roumain. Plus tard, à partir du XIXe siècle, le français a joué un rôle décisif dans la modernisation du roumain moderne.
En Transylvanie, la période austro-hongroise a favorisé l’entrée de mots d’origine hongroise et allemande dans l’usage régional et administratif. Ces influences n’effacent pas l’unité du roumain standard, mais elles éclairent la diversité interne de la langue roumaine.
| Source d’influence | Période principale | Part dans le lexique roumain | Domaines concernés |
| Latin (origine) | IIe siècle apr. J.-C. | ~60 % | Structure grammaticale, vocabulaire courant |
| Slave ancien | VIe au XIIe siècle | 9,18 % | Religion, agriculture, vie quotidienne |
| Français | XIXe au XXe siècle | 22,12 % | Sciences, culture, modernisation |
| Ottoman / Turc | XVe au XIXe siècle | Variable | Commerce, cuisine, artisanat |
| Hongrois / Allemand | XIe au XXe siècle | Variable | Administration, vie régionale (Transylvanie) |
| Substrat thrace/dace | Avant le IIe siècle | 0,96 % | Vocabulaire autochtone pré-romain |
Similarités entre le roumain et le français
La proximité entre le roumain et le français est l’une des caractéristiques structurantes de la linguistique romane. Issues d’un même socle latin, ces deux langues ont conservé des correspondances nettes dans leur structure et leur lexique. Au-delà de la parenté historique, cette proximité a façonné des échanges culturels durables entre la France et la Roumanie.
Des racines latines communes et un apport décisif du français
La parenté est visible immédiatement. Les deux langues partagent environ 30 à 40 % de vocabulaire d’origine latine commune, et le français représente à lui seul 22,12 % du lexique roumain moderne. On retrouve aussi des suffixes proches, comme -tion/-ție, -able/-abil ou -ous/-os, qui rendent plus accessible une partie du vocabulaire savant, administratif et scientifique pour les locuteurs des deux langues.
- Emprunts directs naturalisés : birou (bureau), magazin (magasin), bicicletă (bicyclette) ou bluză (blouse) illustrent concrètement l’influence du français sur le vocabulaire roumain courant.
- Vocabulaire scientifique partagé : une partie importante du registre médical et scientifique roumain repose sur des emprunts au latin et au français, ce qui crée des repères solides pour qui souhaite parler roumain.
- Structures grammaticales apparentées : l’ordre sujet-verbe-objet et plusieurs temps composés fonctionnent selon des logiques proches, au-delà du seul vocabulaire.
- Modernisation au XIXe siècle : les intellectuels roumains ont largement puisé dans le français pour moderniser la langue roumaine et structurer le lexique roumain moderne.
La première langue étudiée n’est pas forcément le français dans le système scolaire roumain actuel, mais la proximité lexicale et grammaticale reste un avantage réel.
Le français dans l’histoire culturelle du roumain
Le roumain, langue parlée en Roumanie et en Moldavie, entretient avec le français une relation intellectuelle ancienne. Au XIXe siècle, l’élite aristocratique roumaine utilisait le français comme marqueur culturel, au point que Bucarest a été surnommée la « Paris de l’Est ». Cette influence a laissé une empreinte durable sur la formation du registre cultivé et sur une partie du vocabulaire roumain.
Aujourd’hui, environ 15 % de la population roumaine maîtrise le français. Cet héritage s’explique notamment par l’enseignement obligatoire durant la période communiste et par les liens entretenus avec la Francophonie depuis 2001. Après 1989, l’ anglais s’est imposé plus largement : il est étudié par 96,7 % des élèves au secondaire inférieur et par 98,7 % au secondaire supérieur. Le français reste néanmoins la deuxième langue étrangère la plus enseignée.
Cette dynamique s’observe dans l’ensemble du pays, y compris chez les minorités nationales. Le roumain demeure la langue officielle de la Roumanie. Pour les professionnels francophones, comprendre cette réalité aide à mieux situer les usages : on travaille en langue roumaine, dans un environnement où l’ anglais progresse, mais où le français conserve une valeur culturelle et relationnelle réelle.
Foire aux questions
Quelle est la langue officielle de la Roumanie ?
Le roumain est l’unique langue officielle du pays. Ce statut est fixé par la Constitution roumaine, qui en fait la langue de référence dans l’administration, la justice et l’ensemble des institutions publiques. Il s’agit aussi de la langue maternelle de la grande majorité de la population, avec environ 85 % des habitants, soit plus de 17 millions de locuteurs.
Depuis l’entrée du pays dans l’Union européenne en 2007, le roumain est également reconnu comme langue officielle de l’UE. Cela renforce sa visibilité parmi les langues européennes et confirme son poids dans l’espace roman. C’est, en pratique, la langue de référence dans tous les cadres officiels du pays.
Quelle est la deuxième langue parlée en Roumanie ?
Après le roumain, le hongrois est la deuxième langue du pays par nombre de locuteurs natifs. Il est utilisé par 6,26 % de la population, soit près de 1,26 million de personnes. Cette présence s’explique surtout par l’implantation historique de la minorité hongroise en Transylvanie, où des droits linguistiques spécifiques encadrent notamment l’enseignement et certains usages administratifs.
Le romani, avec 1,22 %, puis l’ukrainien, avec 0,24 %, comptent aussi parmi les principales langues minoritaires reconnues par l’État. D’un point de vue linguistique, la Roumanie se distingue donc par la coexistence d’une langue nationale dominante et de plusieurs idiomes historiques, présents aux côtés d’autres langues parlées localement.
Le roumain est-il proche du français ?
Oui. Le français et le roumain appartiennent tous deux à la famille des langues romanes issues du latin, ce qui explique des rapprochements nets sur le plan du vocabulaire et de certaines structures. Le français représente 22,12 % du lexique roumain actuel, principalement à travers des emprunts intégrés au XIXe siècle.
On retrouve aussi des suffixes communs et un vocabulaire technique souvent proche. Des exemples comme birou pour « bureau » ou societate pour « société » montrent concrètement cette parenté. Pour les professionnels roumanophones, cette proximité facilite souvent l’apprentissage du français.

